Paroisse Saint Paul du Rhône
Paroisse Saint Paul du Rhône


L’amitié avec nos frères juifs fait partie de notre vie chrétienne
 

A l’occasion des fêtes juives d’automne, Mgr Pierre-Yves Michel, nouvel évêque de Valence, se rendra à la synagogue pour Kippour (Grand Pardon), Samedi 4 octobre 2014. Il encourage chrétiens et juifs à tisser des liens de respect et d’amitié.

Cette visite à la synagogue est-elle une tradition ou une nouveauté que vous instaurez ?
Depuis longtemps, il y a des relations fraternelles entre la synagogue et le diocèse de Valence, et même plus largement avec les différentes confessions chrétiennes. Certains prêtres se sont investis tout particulièrement dans ces relations, et un des premiers a été le Père Colon des Foyers de Charité, puis le Père Liotard qui a aussi été très présent dans les relations judéo-chrétiennes. La participation à la prière de la communauté juive fait partie naturellement de ces relations d’amitié. Mgr Jean-Christophe Lagleize, mon prédécesseur, avait pris l’habitude de venir un moment prier avec les Juifs qui se rassemblent pour Kippour. Je vais faire de même, comme je l’ai vu faire à Lyon par le Cardinal Philippe Barbarin. C’est un jour de pénitence, de prière et de jeûne qui est un sommet dans l’année juive. Si le jour le plus important dans la vie juive est bien le Shabbat, sa répétition fait que le jour de Yom Kippour, appelé dans la Torah, Shabbat Shabbaton (Shabbat des Shabbats) est un jour qui marque particulièrement l’année juive et qui rassemble tous les juifs qui veulent garder un lien à leur tradition religieuse...

Quel est le sens de cette visite ?
C’est tout simplement un des moments où nous voulons signifier et réaffirmer ce que l’Eglise essaie de vivre depuis quelques décennies dans la suite de Vatican II et de l’élan donné par Jean-Paul II et ses successeurs. L’amitié avec nos frères juifs fait partie de notre vie chrétienne, ce n’est pas une option. C’est en "scrutant le mystère de l’Eglise", que nous rencontrons le peuple Juif (Nostra Aetate N°4). De nombreuses prises de parole dumagistère de l’Eglise insistent sur la nécessité de vivre cette relation avec le peuple juif au nom même de notre foi chrétienne. Jean-Paul II le premier, puis Benoît XVI, ont fait cette démarche de se rendre à la synagogue de Rome pour rencontrer la communauté juive... Ces rencontres en sont plus exceptionnelles, elles doivent se vivre simplement, habituellement...
Comment se vivent les relations avec nos frères aînés dans la foi dans le diocèse de Valence ?
Je suis en pleine découverte, mais il semble que les relations sont bien nourries : par exemple, l’an dernier, la sortie des catéchistes-relais du diocèse s’est déroulée à Carpentras avec la rencontre de la communauté juive actuelle et la visite des lieux de l’histoire juive de cette ville. Un voyage très apprécié et fort intéressant qui se renouvellera normalement, pour les prêtres en juin 2015. Il y a les conférences mensuelles régulières de l’amitié judéo-chrétienne, et dans le cadre d’un cycle du pôle "Eglise et Culture" : "Qu’est ce que l’homme ?" Beaucoup ont apprécié la participation remarquable d’Edouard Robberetch. Le diocèse a souhaité qu’un prêtre se forme de façon approfondie, le Père Christian Argoud (à l’institut d’Etudes et de Culture juive d’Aix en Provence - et Centre Albert Decourtray de Jérusalem) qui va d’ailleurs accompagner un pèlerinage diocésain en avril 2015, comme cela avait déjà eu lieu en 2012.
Quel est votre message aux catholiques à l’occasion des fêtes juives d’automne ?
Ce n’est pas seulement lors du "Dimanche du judaïsme" (28/09) mais bien tout au long de notre année que l’actualité nous renvoie sans cesse des images la plupart du temps violentes qui viennent envenimer nos relations... A Valence, les responsables religieux se rencontrent régulièrement et veulent s’engager pour lutter contre la méfiance et la violence entre les communautés. Pour le judaïsme comme pour l’islam, les chrétiens doivent chercher à éviter tout amalgame, toute caricature simplificatrice et commode... Il y a une exigence à s’informer correctement, à oser la rencontre et le dialogue et ne pas en rester à des clichés faciles. Ce n’est pas une position facile et confortable et il est tellement souvent plus simple de hurler avec les loups, de dénoncer, et de se replier sur quelques certitudes. Mais que construisons-nous ?
Le Pape François lors de sa rencontre avec la communauté juive de Rome affirme : "C’est une contradiction qu’un chrétien soit antisémite !" (11 octobre 2013)
Pour les relations avec le peuple juif, nous avons un lourd héritage. Je voudrais simplement renvoyer les catholiques à ce qu’ont dit Jean Paul II, Benoit XVI, les cardinaux Lustiger et Decourtray qui ont beaucoup fait pour "affermir les liens qui nous unissent et continuer à parcourir la route de la réconciliation et de la fraternité." (Benoît XVI) Il faudrait aussi que nos communautés s’approchent le document de la Commission Biblique Pontificale : Le Peuple Juif et ses Saintes Ecritures dans la Bible Chrétienne (2001).
Plus encore, dans la rencontre de l’Autre, et pour le Juif, il s’agit de l’autre Frère, le frère aîné, il y a cet appel à le connaître tel qu’il se définit lui-même (comme dit Jean Paul II) et à l’aimer, qui fair partie de notre vie spirituelle, la nourrit, l’enrichit. La connaissance aussi de la lecture juive des Ecritures, de leur pratique de la Torah, des fêtes, peut aussi nous éclairer sur beaucoup de dimensions de notre propre tradition chrétienne...






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